Jeudi 9 juillet 2009
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Les manifestations agricoles d'avril et mai n'auront échappé à personne, même si elles ont eu lieu pendant la campagne des européennes. S'il est un point urgent et
prioritaire en Normandie, c'est bien de se préoccuper du sort de nos amis agriculteurs et notamment les producteurs laitiers. L'économie normande porte en elle tous les ingrédients
macro-économiques de l'agro-alimentaire. C'est une filière qu'il faut soutenir mais surtout lui donner un nouveau souffle.
Les dispositions de la PAC sont en cours d'évolution. Les producteurs rencontrent beaucoup de difficulté, et c'est peu dire, pour mettre en place une véritable gestion comptable de leur production.
Depuis plus de vingt ans, les gouvernements successifs les ont incité à investir notamment dans le cadre de la mise aux normes imposée par Bruxelles. Cela s'est traduit par des emprunts, souvent de
longue durée, lesquels aujourd'hui ne peuvent être couverts ou remboursés. Si les agriculteurs, dans leur immense majorité, comprennent le changement de modalités de la PAC, il n'en reste pas moins
vrai qu'ils sont totalement démunis devant cet écroulement du cours du lait.
Au plus fort de cette crise, ayant rencontré des jeunes agriculteurs propriétaires d'un cheptel important (plus de cent vaches laitières), il m'ont fait part de leur désarroi et m'ont alors affirmé
être contraints d' arrêter prochainement leur exploitation. Il ne s'agit nullement de menaces mais il faut se résigner à la réalité : "l'agriculture tel que nous la concevons à présent, n'est pas
viable...." et ses exploitants sont voués à une disparition programmée.
J'imagine mal une Normandie, la nôtre à tous, sans ses agriculteurs, sans ses produits laitiers et sans sa filière agro-alimentaire, plus puissante peut-être et plus développée qu'ailleurs. Nous
devons en prendre conscience et le pouvoir régional Normand de demain doit disposer dans ses cartons une solution. Je pense plus particulièrement à des aides à la création de structures collectives
commerciales qui permettront d'écouler plus facilement les produits vers les marchés et surtout apréhender en amont les fluctuations. La solution proposée qui consiste à distribuer de nouvelles
subventions n'est certainement pas la bonne et, de plus, au risque d'être contredite par Bruxelles.
Au moment ou nous nous intéressons de l'environnement, je voudrais attitrer l'attention sur le fait que les agriculteurs de notre pays tiennent un rôle d'entretien dans nos paysages. Qu'en
serait-il si la moitié des terres devenaient jachère? Qu'en serait-il de notre belle Normandie si bien décrite et si bien chantée depuis des siècles?
Au moment où l'on nous parle d'accès à la mer par le Grand Paris, dans des conditions indéfinies, il semble opportun à toute la Normandie de se resserrer au plan économique. L'agro-alimentaire est
une haute priorité, même si d'autres activités le sont tout autant. Que le pouvoir régional de demain en prenne conscience et agisse ainsi dans l'intérêt de tous.
Par JUHEL Pierre
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