Le DUCHE de NORMANDIE
Les questions récurrentes viennent autant de ce que serait la capitale Normande et de la motivation des habitants les régions (ou pays) en limite de la Normandie historique. Combien de fois
l'on m'a posé la question à propos de la volonté de ces derniers à être intégrés à une Grande Normandie ? Je ne le sais plus, mais ce qui est sûr, ce sont ces mêmes personnes qui en font leur
cheval de bataille contre cette réunification qu'ils réfutent formellement (dixit) pour des raisons pas toujours fondées sur des réalités historico-économiques; disons plutôt que ce sont
surtout les idées nouvelles qui dérangent et les idées de changements ont toujours eu en France un accueil mitigé, voire négatif, ce qui n'a pas empêché les français, tout au long de leur
histoire, de se jeter dans des batailles parfois violentes (Révolution, Empire, la Commune, Front populaire ou IV° République, pour ne citer que celles-là).
En fait, si nous connaissons le contour historique exact de ce qu'était l'ancien Dûché de Normandie (voir carte ci-dessus), nous connaissons en général assez peu comment ont été intégrées ces peuples anciens dans cette Normandie. Je vous propose pour cela de vous propulser
dans nos origines.
Tout d'abord, avant l'invasion Romaine, vivaient en Normandie des peuples Gaulois, disparus lors de la période Romaine puis à l'avènement Carolingien, jusqu'aux invasions. Ces
peuples gaulois s'appelaient, pour le sud et l'ouest de la Seine : Les Unelles, les Baïocasses, les Abrincates, les Viducasses, les Esuviens, les Lexoviis, les Esuviens ou les Ebrovices.
Pour ce qui est du nord de la Seine, nous avions : les Calètes et les Véliocasses.
Ces peuples, vivant en période Gauloise, n'ont pourtant pas été considérés comme tels. Ils vivaient en autarcie et en tribus jusqu'à l'arrivée des légions romaines. Toutefois, les
historiens ont regroupé des noms de régions à ces peuples, lesquels n'ont rien à voir avec l'histoire que nous connaissons à partir du Moyen-Age; par exemple, les Unelles (Cotentin), les Abrincates (sud Manche), les Viducasses (Caen), les Baïocasses (Bessin) et les Lexovii (Pays d'Auge) étaient intégrés à un groupe intitulé "les
Armoricains", probablement en rappel du Massif géologique primaire du même nom; alors que les Eburovices (région d'Evreux) étaient
intégrés à la "Gaule Chevelue" et que les Calètes (Pays de Caux) et les Véliocasses (Vexin) faisaient partie des populations dites "Belges".
Ce préambule étant fixé, voyons les différentes régions concernées au pourtour de la Normandie. Je me dois de préciser que notre région, depuis l'invasion Viking du X° siècle, vit selon le
découpage issu du Traité de St Clair sur Epte (911). Sa population, quoi qu'on en dise, est désormais issue de cette période. Le brassage ethnique, assez récent, n'y changera rien.
En Basse-Normandie, le Cotentin devint normand dès le IX° siècle. Plus tard, Geoffroy de Montbray (ou de Coutances), proche de Guillaume le Conquérant, accompagna ce dernier dans sa
conquête de l'Angleterre en 1066. C'est aussi lui qui poursuivra l'intégration de la région dans le Dûché de Normandie. Quant au nord-Cotentin, c'est en 933 qu'il fut rattaché au Dûché par
Guillaume Longue Epée. Le Comte de Cherbourg combatit lui aussi auprès de Guillaume le Conquérant pour l'expédition de conquête de l'Angleterre. Dans l'extrême sud-Manche, à Saint-James, en
1067, Guillaume y fit bâtir le forteresse afin de préserver le Dûché des invasions bretonnes. C'est la preuve de l'intégration de ces régions au sein du Dûché de Normandie. Quant à Avranches,
capitale Gauloise des Abrincates, elle devint normande dès la signature du Traité de St Clair sur Epte en 911. Nous retrouvons d'ailleurs cette conclusion dans d'autres régions "limitrophes" ou
de bord de mer (Granville, Mortainais, St Hilaire du Harcouet, Domfront, La Ferté Macé, le Comté d'Alençon) qui ont toutes fait partie du Dûché et ont participé à son expansion jusqu'à
l'intégration dans le Royaume de France.
En Haute-Normandie, DIEPPE fut annexée en 907 par les Vikings. Ce sont eux, les premiers, qui ont développé la ville et le port, après la conquête de l'Angleterre en 1066. FECAMP est la
ville natale des Ducs de Normandie Richard I° et Richard II. Quant à EU, c'est le berceau du Dûché de Normandie. Le Comté d'Eu a été créé par Richard dans l'optique de protéger la Normandie. En
1050, c'est à Eu que Guillaume le Conquérant épousera Mathilde, fille du Comte de Flandre. AUMALE, érigé en Comté par Guillaume en 1070, restera normande jusqu'à l'annexion
par Philippe Auguste dans le Royaume de France. VERNON, ville frontière au moment de la signature du Traité de St Clair sur Epte (911), devint normande en 923 et ce, jusqu'au rattachement dans
le Royaume de France.
GISORS, à la lisière du Royaume de France et du Duché de Normandie, fut le lieu de rencontre privilégié entre les Rois de France et d'Angleterre. LES ANDELYS, place forte normande sur la Seine,
Richard Coeur de Lion (I° d'Angleterre) y fit construire la forteresse du Château Gaillard (1196) afin de défendre Rouen, capitale du Dûché, des envahisseurs français; en 1204, Philippe
Auguste, roi de France, prit le château et la Normandie tomba dans le Royaume de France. Voilà, toutes ces villes et leurs environs sont bel et bien normandes par l'histoire.
Depuis le rattachement du Dûché au Royaume de France, la Normandie a joué un rôle primordial dans l'histoire de notre pays. Ses habitants, en devenant français, n'ont jamais abandonné
totalement leurs racines. Ils ont agit en Normands-Français ou en Français-Normands, peu importe, dans le double intérêt, celui du Royaume (ou de la République) et de leurs valeurs héritées de
nos ancêtres. Que l'on ne vienne jamais nous dire qu'il y aurait plus d'intérêt à être rattaché à une autre région que celle pour laquelle nous sommes nés, car ce ne serait que pure utopie.
Comment imaginer l'intégration d'une partie de nos terres dans une communauté qui n'est pas la nôtre, qui ne possède ni notre culture ni notre langue originelle et qui plus est sans aucune
histoire commune? Comment imaginer une intégration d'une autre partie de nos terres au sein d'une grande région Parisienne omnivore et carnivore dans le seul but de servir un double dessein :
alimenter une région IdF devenue trop exsangue et, au nom d'un communautarisme jacobin, ponctionner à son seul profit, l'industrialisation de la vallée de Seine (Rouen-Le Havre). Quitte à
séparer définitivement la Haute et la Basse-Normandie. Que chaque normand sache bien que ce dessein politique n'est pas imaginaire, il est intégré dans les rouages du pouvoir central et si nous
ne prenons pas le problême réunification à bras le corps, nous serons pris de vitesse et plus jamais ne pourrons tenter de recoller des morceaux de territoires éparpillés et devenus sans
âme.
REVEILLONS-NOUS... !!! C'est maintenant que nous devons agir!